Désert médical en France : l’augmentation du numerus clausus change-t-elle la donne ?
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Désert médical en France : l’augmentation du numerus clausus change-t-elle la donne ?

Pourquoi le problème de désert médical augmente en France ?

La plupart des vieux médecins en milieu rural qui partent à la retraite ne sont pas remplacés. Les jeunes médecins refusent de s’installer dans les zones rurales, et vont en majorité dans les grandes villes. Ces deux composantes créent le problème du désert médical en France. Alors peut-on dire qu’une augmentation du numerus clausus  va solutionner le problème ?
En effet ce qui intéresse les médecins généralistes, c’est d’avoir des horaires de bureau pour vivre une vie de famille normale. Ils refusent les contraintes du métier. Autrefois un médecin se dévouait à sa patientèle, et était joignable nuit et jour pour toute urgence. Aujourd’hui cela fait partie du passé. Les jeunes médecins veulent travailler mais tiennent à leur confort de vie, ce qui peut se comprendre aussi.
Nous nous trouvons donc en grande pénurie de médecins généralistes, et livrés à nous-mêmes dans les zones retirées. L’Etat a fermé les hôpitaux ruraux pour faire des économies de fonctionnaires… Et il faut faire 30, 50 voire 70 km (ou plus ?) pour accéder à un service d’urgence.

 

Comment trouver un bon médecin généraliste, voire un bon homéopathe ?

Il y a 3 ans j’ai déménagé pour aller habiter en zone de montagne. J’ai atterri en plein désert médical !
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que malgré la présence de sept médecins généralistes sur une bourgade de 3000 habitants, il était très difficile de se faire affilier auprès d’un docteur dans le cadre du parcours de soin.
Et si en plus, on cherche un bon médecin homéopathe, on n’est pas sortis de l’auberge ! Il faut faire un trajet minimum de 50 km, et aller tester un(e) homéopathe inconnu(e), en redoutant les résultats.

 

Un accès aux soins difficile

Ainsi, l’accès aux soins pour les personnes qui cherchent à se soigner efficacement et naturellement est très difficile. Elles doivent donc se résoudre à s’affilier à un médecin qui pratique (un peu) d’homéopathie en passant. Et elles lui préparent l’  « ordonnance » afin d’obtenir les remèdes homéopathiques dont elles se serviront dans l’année.
Alors, la question que je me pose, c’est pourquoi les jeunes médecins généralistes ne viennent pas s’installer dans des zones rurales, exemptes de pollution, de bouchons, de bruit, où ils trouveront une clientèle qui leur tend les bras ? Pourquoi vont-ils tous s’installer en ville ?
D’ailleurs, si plusieurs médecins s’installaient à la campagne en même temps et dans une même localité, cela leur permettrait de tourner pour les week-ends de garde. Ce serait supportable non ? Il est tellement difficile de trouver un médecin ouvert le samedi après-midi, voire impossible !

 

Quelle est la motivation profonde de ces jeunes médecins ?

Pour quelle raison ont-ils/elles choisi ce métier ? Il faut avoir au fond de soi l’envie de porter assistance à autrui, et un certain dévouement inconditionnel non ?

 

Parlons du serment d’Hyppocrate

Le serment d’Hyppocrate semble avoir pris du plomb dans l’aile, notamment concernant les engagements suivants :
« Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement ».
A l’heure actuelle, le jugement est souvent corrompu par les cadeaux que les représentants de laboratoires offrent aux médecins Cela permet d’essayer sur la population de nouveaux médicaments…
Un autre extrait de ce serment : « Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté »…
Mouais, c’est qui les cobayes ?

 

Et parlons de l’article 9 (article R 4127-9 du code de la santé publique)  : « ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER »

« Tout médecin qui se trouve en présence d’un malade ou d’un blessé en péril, ou informé qu’un malade ou un blessé est en péril, doit lui porter assistance ou s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires. »

 

Du vécu

Ici, au fin fond de la vallée Commingeoise, il arrive qu’une personne souffre le martyre, se rende chez un médecin et s’entende répondre : « Il faut prendre rendez-vous ». Ben oui, faut tomber malade sur rendez-vous pardi !

(Je tiens quand-même à dire qu’un médecin généraliste au moins prend sans rendez-vous sur Bagnères de Luchon. Il suffit d’attendre dans son couloir avant qu’il arrive. Ce médecin mérite que l’on parle de lui, car il devait prendre sa retraite l’an dernier. Finalement il a repoussé son départ pour continuer à se consacrer à ses patients qui se seraient retrouvés totalement démunis ! De plus c’est une personne dévouée, qui soigne tous ceux qui attendent, et pas seulement ceux qu’il connaît ! Chapeau!)

 

Les raisons qui provoquent le désert médical en France

Manque-t-on de médecins ?

Contrairement à ce qu’on croit, il ne manque pas de médecins. Ce n’est donc pas l’augmentation du numerus clausus qui va résoudre le problème des déserts médicaux en France.Il faut chercher d’autres causes et d’autres solutions.
En effet, le nombre de médecins généralistes en France est de 310 pour 100000 habitants, (nombres de 2014) ce qui n’est pas catastrophique au niveau du classement européen.

Certes, ce n’est pas le nombre de médecins généralistes qui pose problème, mais plutôt leur répartition sur le territoire.

 

Répartition des médecins sur le territoire

En effet, ils préfèrent s’installer dans les agglomérations pour plusieurs raisons :

  • 46 % des médecins généralistes sont salariés. Ils/elles doivent donc se trouver à proximité d’un CHU (Centre Hospitalier Universitaire) ou d’un CHR (Centre Hospitalier Régional). Et pas en rase campagne où l’Etat a fermé les hôpitaux pour faire des économies de fonctionnaires territoriaux…Ainsi, en étant salariés d’un centre hospitalier, ils sont plusieurs à se relayer et protègent leur vie de famille.
  • En outre, dans un désert médical, un médecin de campagne peut être réquisitionné à toute heure. Et s’il/ou elle est seul(e), il/ou elle n’a plus de vie privée ni de repos.
  • Par ailleurs, un jeune médecin vivant en couple, qui souhaite s’installer, veillera à se trouver à proximité d’une ville où son conjoint trouvera également du travail. Il cherchera aussi à ce que ses enfants s’épanouissent dans leurs loisirs et trouvent facilement une université pour poursuivre leurs études.

Alors comment trouver un médecin généraliste près de chez moi ?

Maintenant que l’Etat a mis le boxon en fermant de nombreux centres hospitaliers de campagne, il tente de réparer les dégâts et de répondre aux besoins de la jeune génération de médecins généralistes qui s’installent.
l’Etat a décidé plusieurs choses :

– La création de maisons médicales où les praticien(e)s (médecins généralistes mais aussi dentistes, kinés, etc…) se regroupent pour partager les frais de logistique.

– Des contrats aidés pour les jeunes médecins généralistes qui s’installent dans une zone considérée comme sinistrée médicalement. Deux sortes de dispositifs ont été créés :

 

  • un dispositif au niveau de la formation : les C.E.S.P. Contrats d’Engagement de Service Public

Créé en 2010, le C.E.S.P. est un dispositif visant à lutter contre la désertification médicale en offrant une allocation de 1 200 euros brut par mois aux étudiants et internes à partir de la deuxième année d’étude. En contrepartie, le ou la futur(e)  médecin s’engage à exercer dans un désert médical pendant une durée égale à celle du versement de la bourse.
De plus, en signant un C.E.S.P., ils/ou elles bénéficient d’un accompagnement individualisé durant toute la formation, et d’un soutien au moment de l’installation dans une zone faisant partie d’un désert médical. Le nombre de C.E.S.P. devait se monter au maximum à 1500. pourquoi ce seuil ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

  •  Le contrat P.T.M.G. : Praticien Territorial de Médecine Générale (créé en 2013).

Le /ou la jeune médecin généraliste perçoit une indemnité qui complète la rémunération issue de son activité libérale, lui garantissant un revenu minimum total égal à 3640 € mensuel.

Mais tous ces systèmes ne semblent pas suffire. Sont-ils suffisamment relayés auprès des étudiants en médecine ?
A rebrousse-poil des années 70, les campagnes se repeuplent actuellement parce que de nombreuses personnes cherchent à vivre dans un environnement plus harmonieux, loin du stress des villes, de leur pollution, de la délinquance, du bruit, etc…

Mais les politiques précédentes ont contraint de nombreux hôpitaux locaux, dont les maternités, à fermer. Du coup, les médecins généralistes qui privilégient le salariat fuient ces régions. Il est donc maintenant difficile de revenir en arrière et d’avoir un bon accès aux soins en zones rurales ou de montagne, qui sont classées de fait en « désert médical ».

Pour exemple, j’ai été percutée en voiture au fin fond du Comminges un samedi après-midi. Allez trouver un cabinet de médecin ouvert un samedi après-midi ! J’ai dû me rendre par mes propres moyens à l’hôpital le plus proche (Saint-Gaudens) pour faire examiner ma passagère qui avait reçu le coup du lapin. Bilan 100 km aller-retour, pour atteindre la maison médicale de garde, parce qu’aucun médecin n’était joignable à Bagnères de Luchon le samedi après-midi.

 

NOTRE SOLUTION AU QUOTIDIEN, à nous tous, survivant(e)s en désert médical

Aussi, nous qui vivons dans les déserts médicaux, devons apprendre à être autonomes dans le plus grand nombre de situations possibles.
C’est l’un des buts de ce blog, apprendre à survivre dans une zone faisant partie d’un désert médical, en attendant un rendez-vous chez le médecin, et peut-être aller mieux jusqu’à guérison, et se passer de ce rendez-vous.
Par ailleurs, le deuxième but fondamental du blog est de parvenir à se soigner seul NATURELLEMENT, à base d’une médecine sans effets secondaires.
Cela est encore plus difficile à faire dans les déserts médicaux, où les homéopathes deviennent super rares. Et le déblocage du numerus clausus n’y changera rien, car pour être homéopathe, il faut rallonger la durée d’études de 3 ans et cette filière semble malheureusement tomber en déshérence.
On trouve toutefois de plus en plus de naturopathes, l’espoir est en marche…

 

Si vous désirez lire mon article traitant des piqûres d’insecte et comment les soulager, je vous invite à suivre le lien suivant : https://www.soignernaturel.com/remedes-naturels-contre-les-piqures-dinsectes/

 

//www.best-fr.com/faireunlien.php

Cet article a 3 commentaires

  1. J’adore l’image de Mutio ! Sinon top cet article, ça aide à y voir un peu plus clair. J’ai hâte de lire les suivants ! 🙂

    1. Oui, j’ai adoré ce dessin qui correspond tout à fait au secteur montagnard ! Je remercie Mutio d’avoir donné son autorisation pour la reproduire ici.

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